Arts et archives · Dossier historique

Comment les corsets ont-ils évolué au fil des siècles ?

Deux vêtements de maintien sont exposés de profil. On distingue des formes différentes, mais que faut-il regarder pour comprendre le changement ? Le corset travaille avec la chemise, la jupe et les autres structures de la tenue. L’histoire de sa forme se lit dans cet ensemble.

Corps à baleines français dont les lignes de renfort sont visibles.
Corset français, XVIIIe siècleThe Metropolitan Museum of Art · CC0

Regarder la période avant de généraliser

Les vêtements de maintien du buste varient selon les périodes, les constructions et les usages. Les mots employés dans les notices peuvent également changer. Le Met documente un corps à baleines français du XVIIIe siècle et, pour la période autour de 1900, une robe d’Henriette Favre dont la notice explique la silhouette en S. Ce rapprochement met en regard une pièce de maintien conservée et une robe interprétée à partir de sa silhouette. Sur chaque pièce, regardez où se distribuent le maintien et le volume. [1] [2]

Lire les renforts sur un objet daté

Ouvrez la notice du corps à baleines et regardez l’orientation des lignes de renfort. Dans une pièce de maintien, le tissu et les éléments plus rigides travaillent ensemble. Cherchez les zones où les lignes se rapprochent et les ouvertures par lesquelles le vêtement se règle. Cette lecture précise l’endroit où la construction exerce ou distribue un effort. Une image ne donne ni la tension du laçage au quotidien ni la fréquence du port. Elle permet de commencer par les possibilités du vêtement. Demandez ensuite quelles couches se trouvaient entre cette pièce et le corps, et lesquelles recouvraient son contour. [1]

Comparer deux types de documents

Une robe de Henriette Favre, dont la notice décrit la silhouette en S autour de 1900, fournit une preuve différente d’un corps à baleines. Elle montre le résultat habillé et permet au musée de commenter le rapport entre buste, taille et arrière de la silhouette. Dans le premier objet, vous voyez une structure. Dans le second, vous voyez une forme que des structures et des choix de coupe contribuent à produire. Indiquez cette différence si vous les placez côte à côte. Elle évite de faire de la robe un relevé exact du corset porté dessous ou d’attribuer au seul corset tout le volume visible. [1] [2]

Faire apparaître les différences entre deux systèmes de maintien

La notice du Met sur le corset français décrit un objet du XVIIIe siècle. Le dossier du V&A présente des exemples victoriens et plusieurs dispositifs liés à la jupe. Au lieu d’aligner toutes les pièces sous le seul mot corset, indiquez chaque fois la partie du corps concernée et l’époque. Comparez la forme des panneaux, les zones de renfort et l’endroit où la pièce se ferme. Vous pourrez alors examiner ce qui change dans la construction avant de comparer l’apparence. Deux ensembles peuvent montrer une taille marquée tout en la produisant par des combinaisons différentes de soutien, de volume et de proportions. [1] [3]

Ce que le XIXe siècle rend visible

Le V&A suit les changements de dessous victoriens. Les corsets, crinolines et tournures interviennent à des endroits différents. Une tournure peut déplacer le volume vers l’arrière alors que le corset agit sur le buste. Lorsque le volume de la jupe change, la forme vue de profil se transforme même si on compare des corsets proches. La chronologie du musée met en relation les pièces au lieu d’isoler la taille. [3]

Illustration SURPIQLire le volume à plusieurs endroits
  1. BusteSituez où la construction maintient ou oriente le volume.
  2. JupeRepérez les formes qui donnent de l’ampleur à l’étoffe.
  3. PériodeRattachez la silhouette à une pièce, un lieu et une date.

Suivre les endroits où le volume se déplace

Pour lire le dossier du V&A, utilisez deux silhouettes du XIXe siècle et marquez trois repères. Le premier indique l’endroit où le buste est maintenu. Le deuxième situe l’extension de la jupe vers les côtés. Le troisième repère le volume rejeté vers l’arrière. Le musée montre que crinoline et tournure interviennent sous la jupe. Sur deux vues de profil, la différence peut donc venir d’un changement à la taille, d’un autre soutien sous la jupe ou de la relation entre les deux. Faites une hypothèse par élément et revenez à la date et au nom des pièces décrites. [3]

Ce que l’on peut dire de la ligne autour de 1900

Le Met rattache le profil en S à l’usage d’une pièce dont le busc avant est droit. Le busc est un élément qui rigidifie ou règle l’avant selon sa construction. La notice décrit une intention de modifier la répartition de la pression. Pour parler de la santé, séparez l’intention déclarée de ce que l’objet permet de constater. Vous pouvez décrire le dessin de la ligne et l’endroit où la structure prend appui. Des conclusions sur les conséquences physiques exigeraient des données sur les personnes, le réglage et la durée du port. Le nom donné au produit à l’époque constitue un document sur sa présentation commerciale. [2]

La tournure déplace le regard dans le profil

Le V&A situe dans les années 1870 l’apparition de la tournure comme dessous distinct, pour soutenir des jupes relevées vers l’arrière. Comparez ce dispositif à une crinoline qui maintient un volume plus largement autour de la jupe. En dessinant les deux profils, gardez la ligne du sol et la position de la taille comme repères. Vous pouvez alors voir quel volume passe d’un côté à l’arrière. Pour la lecture historique, ne déduisez pas le dessin de l’ensemble de la seule forme du corset. La tournure, la jupe et le corset apportent chacun une partie de la silhouette. [3]

Ce que l’objet ne dit pas du corps

Un corset conservé peut avoir été porté de plusieurs manières ou par plusieurs personnes. Son état de conservation et le montage d’exposition influencent la silhouette observée. Pour comprendre le port réel, cherchez aussi une photographie, des témoignages ou des instructions contemporaines, en tenant compte du public auquel ces documents s’adressaient. Une gravure de mode peut montrer un idéal de silhouette. Elle ne mesure pas le confort ou la diversité des pratiques.

La représentation d’un corps a son propre contexte

Une gravure peut accentuer une ligne pour faire reconnaître une mode. Un portrait peut donner de l’importance à une posture. Un vêtement monté sur un mannequin dépend du support retenu. Choisissez une source par question. Pour la disposition des renforts, préférez un détail de la pièce. Pour une silhouette telle qu’elle était mise en valeur, ouvrez une image datée. Pour le confort ou la contrainte ressentie, cherchez des témoignages situés. Cette répartition vous aide à comprendre pourquoi deux sources d’une même période peuvent donner des impressions différentes tout en décrivant des aspects réels du vestiaire.

Regarder la marge de réglage

Repérez où commence le laçage, quelles parties se rapprochent et si la notice mentionne une fermeture complémentaire. Une ouverture réglable permet une variation. Le réglage effectivement pratiqué reste à documenter. Une photographie de face peut masquer la différence entre deux montages. Une vue du dos ou une description des œillets aide à comprendre comment l’effort passait de l’ouverture au reste de la pièce. Dans une comparaison entre époques, relevez chaque fois le sens de la fermeture, le type de renfort et la zone de maintien. Cette fiche de lecture ramène la question des silhouettes à des choix de construction visibles. [1] [3]

Le mouvement peut apparaître dans les critiques d’époque

Le dossier du V&A sur les liens entre Arts and Crafts et mode évoque des critiques des formes victoriennes et les recherches de vêtements qui laissent le corps bouger autrement. Pour comprendre une controverse sur le maintien, cherchez qui formule la critique, à quel public elle s’adresse et quelles alternatives sont montrées. Un discours de réforme renseigne sur ce que certaines personnes voulaient changer. Il laisse ouverte la fréquence de chaque pratique. Mettez-le à côté d’une gravure et d’un objet daté. Vous pourrez distinguer un programme de changement, une image de mode et les caractéristiques matérielles d’un vêtement. [5]

Comparer les points de construction

Sur deux pièces datées, relevez les coutures qui modèlent le buste et l’orientation des renforts si la notice la donne. Dans une exposition, le mannequin et les supports servent à présenter le vêtement tout en le protégeant. Gardez à part ce qui relève de la construction d’origine et les décisions contemporaines de présentation. [4]

Lire les traces avec le dossier de conservation

Si la notice montre une doublure ou un bord, cherchez les zones qui ont été renforcées ou reprises. Une tension répétée peut laisser une trace dans un tissu et une restauration peut ajouter un soutien pour la préserver. Les ateliers de Galliera expliquent comment la conservation, l’étude et la présentation se coordonnent. Lorsque vous comparez deux photographies de musée, notez si les objets sont posés à plat ou montés. Cette information aide à expliquer certains écarts. La ligne du vêtement et le contour visible du mannequin sont deux choses que la légende peut préciser. [4]

Écrire une comparaison que l’on peut contrôler

Choisissez une pièce de maintien et une robe dont la date est indiquée. Sur la première, notez le mode de renfort et la direction des coutures visibles. Sur la seconde, décrivez la position du volume de profil. Relevez ensuite ce que chaque notice attribue à la construction et ce qui resterait à vérifier. Vous pouvez conclure que les objets donnent à voir des façons différentes d’organiser une silhouette. Pour expliquer les usages sociaux, ajoutez une source qui concerne l’occasion, les personnes et la période. Cette dernière étape empêche de raconter plusieurs siècles à partir d’un seul modèle. [1] [2] [3]

L’envers permet une lecture de construction

Sur une vue autorisée de l’envers, observez le rapport entre doublure, renforts et couture de bord. Une ligne de maintien peut être visible alors que le renfort qu’elle enveloppe reste caché. Pour décrire les différences, relevez ce que la notice identifie et ce que vous voyez. Vous pourrez dire qu’un renfort se place le long de telle direction si le document le permet. Pour déterminer sa matière ou son effet sur le corps, il faut des informations supplémentaires. Cette façon de lire garde une place à l’histoire de la technique sans confondre une matière, une pratique de port et un jugement sur la santé. [1] [4]

Comparer un avant et un profil avec des repères constants

Sur une vue de face, repérez la largeur du buste, l’emplacement de la taille et l’amplitude au bas. Sur un profil, relevez les déplacements vers l’avant et l’arrière. Une comparaison des deux angles permet de comprendre comment des systèmes différents produisent une ligne reconnaissable. Gardez la date, la collection et le dispositif de soutien dans votre fiche. Si une image relève d’un mannequin de musée et l’autre d’une gravure, indiquez ce que chaque source permet d’observer. Vous pourrez utiliser ces deux supports sans transformer leur différence de représentation en mesure d’un changement réel. [2] [3]

À consulter

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Sources et ressources

  1. The Metropolitan Museum of Art, Corset, notice d’un corps à baleines français du XVIIIe siècle
  2. The Metropolitan Museum of Art, Henriette Favre, Evening dress, notice sur la silhouette en S autour de 1900
  3. Victoria and Albert Museum, Corsets, crinolines and bustles: fashionable Victorian underwear
  4. Palais Galliera, « Les réserves et les ateliers de restauration », dossier de réouverture, 2015
  5. Victoria and Albert Museum, « How the Arts and Crafts movement influenced fashion »